Vinci mise sur l’IA pour la nouvelle promotion de start-up de son incubateur Leonard

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Leonard, la plateforme de prospective et d’innovation du Groupe Vinci, accompagne depuis sa fondation entre 40 et 50 projets innovants par an qui sont pour moitié des projets qui naissent de l’imagination des salariés ou des entreprises de Vinci et pour moitié des projets de start-up externes. Cette année ne déroge pas à la règle, Leonard vient de dévoiler les 39 projets qui vont rejoindre en 2024 ses quatre programmes d’incubation et d’accélération. L’objectif, à travers ces différents parcours, est d’aider à la maturation et la diffusion de ces solutions. Si nombre d’entre elles touchent à l’intelligence artificielle, l’autre tendance clé est celle de la transition environnementale des métiers de la construction, de l’énergie et des mobilités.

Ils sont certes moins nombreux que l’an passé mais portent sur les mêmes thématiques. Les projets retenus sont répartis entre quatre programmes : Seed, Catalyst, Intrapreneurs ainsi qu’un dernier parcours dédié à l’intelligence artificielle. Depuis 2017, ce sont environ 200 projets qui ont été soutenus. Julien Villalongue, directeur général de Leonard rappelle d’ailleurs l’intérêt d’ouvrir le groupe Vinci à des projets externes. « Le parti que nous avons retenu avec Leonard, c’est de permettre à ces solutions innovantes, qui sont portées par des start-up externes, d’ouvrir largement le marché interne d’un groupe qui fait près de 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur les enjeux de la construction des infrastructures. Elles peuvent justement déployer, venir tester, intégrer leur solution à des projets d’infrastructures et de bâtimentaire, au sens large ».

Un enjeu environnemental très fort

Selon lui, l’agenda de la prochaine décennie dans le secteur de la construction sera par ailleurs tourné vers les enjeux environnementaux. « Ce point-là est extrêmement structurant à la fois dans la réduction de l’empreinte carbone des solutions, l’adaptation de l’ensemble des solutions qui nous permettent de mieux adapter les infrastructures et le bâtiment aux conséquences du changement climatique, ainsi que la réflexion sur les bilans des ressources ».

Et les problématiques qui en découlent sont nombreuses. Comment circulariser l’utilisation de matières dans les secteurs d’activité ? Comment développer des solutions de recyclage, de réutilisation des matériaux et des équipements ? Comment financer cela ? A ces questions, Leonard souhaite apporter une réponse. « Notre enjeu, c’est de faire passer à l’échelle l’ensemble de ces solutions, et potentiellement les faire passer dans des voies d’industrialisation », précise Julien Villalongue.

Un parcours IA en pleine croissance

Le programme veut identifier et développer des projets utilisant cette technologie, avec un retour sur investissement élevé pour les entités du groupe. Ainsi, ces dernières, quel que soit leur domaine d’activité ou leur pays d’établissement, peuvent présenter leur candidature à ce parcours, structurer des cas d’usage destinés à améliorer leur business, optimiser leurs procédés ou anticiper une transformation de marché. Après avoir soutenu depuis 5 ans une soixantaine de projets dans 12 pays, le programme soutiendra 12 autres projets en 2024, dans trois domaines d’applications de la technologie. Le premier champ est celui du design génératif pour la construction, qui permet par exemple d’optimiser la rotation des banches sur chantier. « Nous avons notamment accompagné un projet, Synapse, porté sur la conception générative d’infrastructures linéaires », explique Julien Villalongue.

Leonard
Leonard a dévoilé ce 17 janvier les 39 lauréats de sa promotion 2024.

Le second volet porte sur la maintenance prédictive afin d’anticiper les défaillances d’équipements en production. AI Clearing, accompagné il y a quelques années par le programme traite de la reconnaissance d’images par drone et par satellite afin de faire un suivi automatisé d’avancement de chantier sur des infrastructures énergétiques, notamment des centrales photovoltaïques. Une start-up appeléeFlyability et qui a développé une technologie de drones pour aller faire des inspections, notamment d’espaces confinés, fait d’ailleurs partie de la promotion 2024. « Nous bénéficions largement de ces technologies qui ont été développées ailleurs », admet Julien Villalongue. Enfin, le dernier porte sur le recours aux Large Language Models (LLM) pour développer des applications variées comme la numérisation de la documentation technique de systèmes complexes, l’optimisation des réponses aux appels d’offres et l’interprétation de documents contractuels.

Pour Julien Villalongue, directeur général de Leonard, l’intérêt pour l’IA ne risque d’ailleurs pas de se ternir. « Une majorité de start-up qui sont liées à notre industrie proposent désormais des projets à forte valeur avec une brique d’intelligence artificielle. Nous voyons cette pénétration extrêmement forte et manifeste des technologies d’IA dans nos métiers ». L’un des derniers exemples en date : NetCarbon. Cette start-up française combine des données satellitaires avec des moteurs d’intelligence artificielle pour aider à mieux contrôler les impacts environnementaux des projets de de construction.

Accompagner les différents niveaux de maturité des projets

L’initiative Seed accompagne des start-up de leur création à leur levée de fonds. Pour cette année, 8 entreprises implantées en France et en Amérique latine ont été choisies. Elles apportent des solutions pour réduire l’impact environnemental des villes, des infrastructures et des métiers associés. Cette année, un jumeau numérique dédié la surveillance et la maintenance des infrastructures portuaires, une IA pour l’analyse des flux de mobilités et un matériau biocomposite figurent par exemple au nombre des start-up accompagnées.

Avec le programme Catalyst, Leonard appuie l’adoption d’une sélection de solutions déjà matures par les entreprises de Vinci. Les entreprises externes ont donc accès aux décideurs du groupe et peuvent espérer signer un contrat avec l’une des sociétés de Vinci. Pour cette promotion 2024, 11 entreprises issues de 5 pays différents seront accompagnées ; plus de la moitié des solutions retenues apportent un impact positif direct sur l’environnement, assure Leonard. Objectif affiché : améliorer l’impact environnemental d’un projet de construction, mieux connaître son environnement ou encore optimiser les ressources de projets de construction.

Promouvoir l’économie circulaire

Enfin, l’initiative Intrapreneurs accompagne le développement de projets à l’initiative des salariés du Groupe, comme son nom l’indique. Pour cette année, 8 projets bénéficieront de l’accompagnement du groupe. Cette année, la moitié des initiatives mettent l’intelligence artificielle au service des métiers de la construction et de l’énergie. La moitié des projets d’Intrapreneurs portent par ailleurs sur l’économie circulaire. Julien Villalongue indique que ce volet est « extrêmement important » et « à la rencontre des deux tendances que sont l’IA et l’environnement ». Il s’agit, entre autres, de chercher à optimiser les matériaux existants, rendre le béton bas carbone ou encore chercher d’autres ressources, à l’instar du bois.

« La promotion de cette année accueille ainsi IPG Energy, entreprise anglaise, qui a développé un groupe électrogène propre qui va nous permettre d’électrifier les usages sur le chantier ; c’est quelque chose que l’on cherche à faire de façon massive », nous raconte Julien Villalongue, avant de conclure : « Notre enjeu, c’est de continuer à construire avec des enjeux de durabilité, de performance, de robustesse et de maintien des caractéristiques techniques des bâtiments et des infrastructures, tout en réduisant notre impact carbone et en réduisant notre impact ressources ».

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