La réalité virtuelle et l’IA pour améliorer la santé mentale des astronautes et des patients

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Dans le domaine du bien-être des astronautes, la santé mentale revêt une importance particulière en raison de sa nature intime. Plus délicat à aborder que d’autres problèmes médicaux tels que les troubles cardiaques ou physiques par exemple, la santé mentale des astronautes pose un défi unique, car il leur est difficile d’en parler ou de s’ouvrir aux autres. Maintenir une bonne santé mentale dans l’espace ou sur la Lune est cruciale pour le succès des missions et la sécurité des équipages. Bien que les astronautes soient rigoureusement préparés et bénéficient d’un soutien psychologique continu, il peut arriver que cela ne soit pas suffisant. Dans de tels cas, des solutions plus personnalisées pourraient se révéler extrêmement bénéfiques.

Parmi les solutions envisagées pour améliorer la gestion de leur stress et leurs fonctions cognitives, Coreod Space, start-up française, lance SAT (Space Agent Traveller), le premier casque de réalité virtuelle boosté par l’IA au service de la santé mentale des astronautes, qui s’appuie sur les études en neuropsychologie menées au sein du Lirnas (Laboratoire international de recherche en neuropsychologie spatiale) au cours des dix dernières années.

Ainsi que le souligne la Docteur Elise Jabès, fondatrice et CEO de Coreod Space, cette innovation est destinée à « révolutionner l’exploration de l’espace lointain en intégrant l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle ». En se basant sur des données, cette solution immersive vise à « stimuler les fonctions cognitives et neuropsychologiques des astronautes, les aidant ainsi à survivre et à s’épanouir lors de leurs missions spatiales ».

Au service de la santé mentale des astronautes

Ce casque de réalité virtuelle, alimenté par l’IA, vise à stabiliser le mental et les émotions de ses utilisateurs grâce à des thérapies numériques personnalisées. Allant au-delà d’un simple outil anti-stress, il met en œuvre des protocoles neuropsychologiques basés sur la neuroplasticité, permettant au cerveau de s’adapter et de restructurer ses connexions neuronales en réponse à un environnement simulé. L’IA transforme ces protocoles en thérapies immersives personnalisées, offrant à chaque utilisateur la possibilité de préserver sa santé mentale, sa résilience et sa pleine conscience.

“L’IA transforme ces protocoles en thérapies immersives personnalisées, offrant à chaque utilisateur la possibilité de préserver sa santé mentale, sa résilience et sa pleine conscience”

Testé dans l’environnement simulé du Lirnas, SAT a démontré des résultats positifs, notamment une amélioration de 42 % du sommeil, une réduction de 45 % de l’anxiété et du stress, ainsi qu’un apaisement mental accru de 37 %. 

« Après plus de 10 ans de recherches en neuropsychologie, nous avons le plaisir de lancer notre solution de VR améliorée par l’IA, destinée aux astronautes. Elle leur permettra de rester plus longtemps dans l’espace en améliorant la gestion de leur stress et leurs fonctions cognitives dans de petits habitats isolés. Il est essentiel de garantir la réussite et la sécurité des missions, de la Terre à la Lune et jusqu’à Mars. SAT de Coreod Space incarne parfaitement notre mission : aider chaque personne à se dépasser en maîtrisant ses émotions et en optimisant son potentiel », souligne la Dr Elise Jabès.

Enfin, cette solution pourra être adaptée à des professionnels d’autres secteurs qui sont confrontés à des défis similaires à ceux des astronautes, évoluant dans des environnements isolés, confinés et extrêmes (I.C.E).

Donnons la parole au Docteur Elise Jabès, CEO de Coreod Space :

Futura : En quoi votre solution de santé numérique et votre casque de réalité virtuelle SAT (Space Agent Traveller) pour les astronautes diffèrent de celle de HTC qui développe également un casque VR pour préserver la santé mentale des astronautes ?

Elise Jabès : HTC propose une solution qui traite également de la santé mentale dans l’espace mais nous pensons toutefois que nous avons une réelle différence entre notre système et le leur. Leur solution demande la mise en place d’un casque VR fonctionnel dans l’espace et en zéro G, ce qui peut amener à avoir des motions sickness (ou cinétose, ndlr) ; leur solution est alors dépendante de l’utilisation du casque HTC qu’ils ont programmé et travaillé. Nous proposons un software qui intègre n’importe quel casque VR utilisé déjà dans l’espace. J’ajouterais que nos protocoles sont en immersif et non en interactif, donc pas de motion sickness pendant ou après l’utilisation.

Innovation dans l’espace : un casque VR pour préserver la santé mentale des astronautes

La solution d’HTC pour endiguer le stress des astronautes en leur faisant des séances de réalité virtuelle interactive avec un environnement terrestre est donc très différente de votre solution immersive pour veiller à leur santé mentale ?

Elise Jabès : Oui. Nos solutions sont basées sur plus de 10 ans de recherches en neurosciences. Notre approche est axée sur l’utilisation de stimuli audio-visuels (intégrés dans un casque VR) pour aider les individus à reprogrammer leurs réponses émotionnelles et comportementales. En exploitant les mécanismes de plasticité cérébrale pour favoriser des schémas de pensée plus positifs et adaptatifs, nos protocoles sont ainsi basés sur des principes de neuroplasticité, qui consistent à modifier les connexions neuronales dans le cerveau pour changer les schémas de pensée et les comportements.

Ces stimulis audio-visuels modifient-ils pour ainsi dire ces connexions neuronales ?

Elise Jabès : Oui. Nous utilisons une combinaison d’éléments audio (sons, voix, paroles) et visuels (couleurs, images, vidéos) pour stimuler spécifiquement des ondes neuronales adaptées à des thèmes précis, le but étant de modifier les schémas de pensée existants en modifiant les circuits neuronaux dans le cerveau.

Concrètement, votre solution pourrait amener un astronaute en situation de stress (avec comme conséquence un manque de confiance, la perte de ses moyens et un risque de mal faire son travail) à reprendre ses esprits en quelque sorte ?

Elise Jabès : C’est très ambitieux de dire « oui » car les astronautes sont extrêmement bien sélectionnés et ont un mental supposé résister à toute épreuve. Mais étant donné que les voyages dans l’espace vont dorénavant devenir plus fréquents avec un besoin d’aller plus loin et de rester donc plus longtemps dans un espace extrêmement confiné, je répondrai donc un « oui » à cette question.

Le stress cumulatif d’une situation stressante a un impact physiologique et psychologique indéniable, ce qui mène vers une pensée répétitive négative. Cette pensée est un circuit neuronal fermé qui, à chaque fois où cette situation arrive, met en place ce circuit. Nos protocoles arrivent à ouvrir ce circuit fermé pour laisser la possibilité à l’utilisateur d’avoir un autre choix : celui de bien faire et de se penser capable de finaliser cette tâche. Ceci est la plasticité du cerveau, nos protocoles visent à ouvrir ces schémas de pensée fermés, permettant ainsi à l’utilisateur de choisir une réponse différente.

Dans ce cas de figure, au lieu de succomber au stress et au manque de confiance, l’utilisateur peut apprendre à penser qu’il est capable de réussir et à agir en conséquence. Ce processus de modification des schémas de pensée est alors associé à la plasticité cérébrale, la capacité du cerveau à se remodeler et à créer de nouvelles connexions neuronales en réponse à l’expérience, à l’apprentissage et à d’autres facteurs.

Les situations de stress peuvent être d’origine très variée

Elise Jabès : Effectivement. C’est pourquoi nos solutions se divisent en plusieurs protocoles selon des thématiques différentes et non seulement la gestion du stress. Nous avons par exemple le protocole pour l’amélioration du sommeil, l’amélioration de la psychomotricité pour les sorties extravéhiculaires etc.

Vous avez déclaré que votre casque de réalité virtuelle « serait boosté par l’intelligence artificielle » ?

Elise Jabès : Absolument. C’est d’ailleurs un point très important dans notre solution, nous utilisons l’intelligence artificielle pour mieux adapter les protocoles à l’utilisateur et à la thématique demandée.

Si la thérapie par VR est de plus en plus utilisée dans le domaine de l’e-santé mentale, les solutions capables de s’adapter à l’environnement spécifique des astronautes restent peu nombreuses. La Nasa, l’Agence spatiale européenne et d’autres acteurs considèrent donc l’IA comme un élément clé des futures explorations spatiales, comme les missions vers la Lune Atermis, et même au-delà. Son objectif est de mieux accompagner les défis liés aux longs voyages, au cours desquels la latence élevée entre la Terre et Mars privera les astronautes de tout contact immédiat. Elle vise, in fine, à augmenter la durée et l’efficacité des missions spatiales en garantissant la solidité mentale et l’adaptabilité des astronautes, tout comme leur bien-être émotionnel et cognitif, en comblant le vide entre la Terre et Mars grâce à de véritables outils thérapeutiques en VR menés par notre IA SAT.

L’apport de l’utilisation de l’intelligence artificielle est tout sauf anecdotique ?

Elise Jabès : Oui. Je suis convaincue que notre casque, amélioré par l’intelligence artificielle, permettra aux astronautes de rester plus longtemps dans l’espace en améliorant la gestion de leur stress et leurs fonctions cognitives dans de petits habitats isolés. SAT tendra à aider chaque utilisateur à se dépasser en maîtrisant ses émotions et en optimisant son potentiel.

Que ce soit sur la Lune, sur Mars, ou lors de voyages spatiaux, les astronomes sont contraints d’évoluer dans des contextes confinés, isolés et extrêmes. Votre solution SAT pourrait-elle s’adapter à d’autres environnements ICE, sur Terre ?

Elise Jabès : Oui. Notre solution est compatible avec ces environnements où des professionnels d’autres secteurs sont confrontés à des défis similaires à ceux des astronautes. Je pense aux militaires en opération, sous-mariniers, travailleurs des plates-formes pétrolières offshore, scientifiques dans des lieux de recherche isolés comme l’Antarctique, et même les explorateurs et alpinistes en zones polaires. Les enjeux sont à la hauteur de leurs missions. Notre solution SAT répond à cette problématique en générant des protocoles numériques adaptés à chaque situation. Aussi, nous sommes en train d’adapter nos solutions au grand public et nous vous parlerons dans un prochain article de notre IA « Lyor » qui sera votre meilleur compagnon pour avoir une santé mentale et physique parfaite. Stay tuned !



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