A la barre, Sam Bankman-Fried reconnaît de « graves erreurs » mais nie la fraude

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Fidèle à sa ligne de défense, Sam Bankman-Fried a cherché, vendredi 27 octobre, à atténuer sa responsabilité dans l’effondrement spectaculaire de FTX. A la barre du tribunal de New York, où il est jugé pour fraude, l’ancien patron de la plateforme de cryptomonnaie a bien reconnu de “graves erreurs”. Mais il a aussi rejeté la faute sur Caroline Ellison, son ancienne petite amie qui l’avait chargé lors de son témoignage.

Alors qu’il n’était pas obligé de passer à la barre, « SBF » a choisi de témoigner. Une stratégie considérée comme risquée par les experts du système judiciaire américain : interrogé la semaine dernière par ses avocats, l’ex-star des cryptos va devoir répondre lundi aux questions des procureurs.

Conseils non suivis

Dès le début de son témoignage, “SBF” a assuré qu’il n’avait pas commis de fraude. Et qu’il n’avait pas volé de l’argent des clients, par exemple pour financer des dons aux campagnes politiques. La chute de FTX serait ainsi due à une série d’erreurs, dont la plus importante a été de ne pas engager de responsable des risques, a-t-il expliqué.

L’accusé a ensuite mis en cause Caroline Ellison, l’ancienne patron d’Alameda Research, le fonds d’investissement rattaché à FTX. Et dont les difficultés financières ont fait s’écrouler, en quelques semaines, le château de cartes bâti par “SBF”. Selon lui, il avait recommandé de couvrir les pertes potentielles du fonds. Des conseils que son ex-collaboratrice aurait choisi de ne pas suivre.

Face au retournement du marché des cryptos, Alameda a commencé à accuser de lourdes pertes. Puis, le fonds a fait face à des appels de marge de ses créanciers à partir du printemps 2022. C’est à cette époque qu’il a commencé à puiser fortement dans les fonds des clients de FTX. Une stratégie approuvée par “SBF”, qui explique qu’une chute d’Alameda aurait eu “des conséquences désastreuses”.

8 milliards de dollars partis en fumée

Mais l’ancien patron de FTX assure qu’il n’était pas au courant de l’ampleur de ces mouvements financiers, qu’il pensait inférieurs à deux milliards de dollars. En réalité, le fonds a emprunté 14 milliards de dollars à la plateforme de cryptomonnaies. Il n’en remboursera qu’une partie : selon les autorités américaines, 8 milliards de dollars sont partis en fumée.

“SBF” se défend aussi d’avoir demandé à Gary Wang, l’un des cofondateurs de FTX, et à Nishad Singh, le directeur de la technologie, de mettre en place la “porte dérobée” qui permettait à Alameda de transférer des fonds de clients en toute discrétion. Les deux responsables, qui ont plaidé coupable, avaient indiqué le contraire lors de leur témoignage à la barre.

Jusqu’à 155 ans de prison

Après le contre-interrogatoire de Sam Bankman-Fried, ses avocats appelleront quelques témoins supplémentaires à la barre. Le procès devrait se terminer d’ici à la fin de la semaine, pour un verdict attendu au plus tard en début de semaine prochaine. “SBF” encourt jusqu’à 110 ans de prison.

Qu’il soit reconnu coupable ou innocent à l’issue de ce procès, il n’en aura pas fini avec la justice américaine. Cinq autres chefs d’inculpation ne seront examinés que dans un second procès, qui doit se tenir en mars 2024, pour des raisons juridiques liées au processus d’extradition depuis les Bahamas. Accusé de corruption en Chine et de violation des lois électorales américaines, il risque jusqu’à 45 années supplémentaires en prison.

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