Neuralink recrute les premiers testeurs de son implant cérébral

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Neuralink, la start-up fondée par Elon Musk, passe une étape supplémentaire vers la commercialisation de son implant cérébral relié à un ordinateur. Elle a annoncé le 19 septembre le lancement du recrutement de patients pour son premier essai clinique sur l’Homme. Sont éligibles les patients tétraplégiques (atteinte des quatre membres) à cause d’une lésion de la moelle épinière ou de la sclérose en plaques. 


Un robot chirurgical pour installer l’implant 


Cet essai clinique s’inscrit dans l’étude PRIME – l’abréviation pour « Precise Robotical Implanted Brain Computer-Interface » – dont l’objectif est d’évaluer la sécurité de l’implant neuronal installé par un robot chirurgical et de tester son efficacité sur les personnes tétraplégiques pour leur permettre d’effectuer des tâches de la vie quotidienne grâce au contrôle « d’un curseur ou d’un clavier d’ordinateur en utilisant uniquement leurs pensées ».

Durant l’opération, le robot chirurgical placera les 1024 fils de l’implant dans la région du cerveau qui contrôle l’intention du mouvement, détaille l’entreprise dans son communiqué. Ce dispositif de la taille d’une grosse pièce de monnaie enregistre les signaux électriques du cerveau. Cette activité est enregistrée via une application mobile ; l’implant se connectant à un smartphone à l’aide d’une connexion Bluetooth LE. 


Neuralink intègre un programme spécial de la FDA


C’est en mai 2023 que Neuralink a reçu l’autorisation de lancer son étude PRIME par la Food and Drug Administration (FDA), l’organisme américain en charge de réguler les médicaments. Une autorisation rapide car l’implant a été qualifié de « breakthrough device », lui permettant d’être intégré dans un programme spécial offrant certaines dérogations réglementaires. 

Jusqu’ici, l’implant n’a été testé que sur des animaux. Des singes auraient notamment été intégrés dans un essai clinique. Seuls sept d’entre eux auraient survécu, mais en conservant de nombreuses séquelles. Le Physicians Committee for Responsible Medicine (PCRM), une organisation à but non lucratif qui promeut la médecine préventive et prône l’application de normes éthiques dans la recherche, avait déposé une plainte en février 2022. 


Des questions de sécurité et d’éthique


L’implant de Neuralink soulève des questions de sécurité et d’éthique. Côté sécurité, la FDA avait émis des craintes sur la possible migration des fils à travers les tissus mous du cerveau, la surchauffe de l’appareil et les risques de panne de sa batterie. Elle se posait en outre des questions sur la possibilité de retirer le dispositif sans endommager le tissu cérébral. Côté éthique, il est difficile de savoir jusqu’où veut aller Neuralink. Bien qu’elle s’adresse aujourd’hui aux personnes malades, rien n’indique qu’elle ne veuille pas par la suite proposer son implant à des personnes en bonne santé. Or, il y a un vrai problème éthique à opérer quelqu’un qui n’est pas malade, en particulier sur un organe aussi délicat que le cerveau. A ce titre, les fantasmes transhumanistes d’Elon Musk n’ont rien de rassurant. 

Pour s’imposer, Neuralink devra également battre son principal concurrent : la start-up new-yorkaise Synchron. Elle a reçu en 2021 l’approbation de la FDA pour tester sa neuroprothèse sur un groupe de six patients atteints de paralysie sévère. Un nouvel essai a été lancé en mars 2023. Il reste à voir ce que donneront les résultats. 

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