Au Japon, « la présence de robots dans les maisons de retraite est aujourd’hui en croissance »

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Chronique. Le recours aux robots dans les maisons de retraite japonaises contribue à améliorer les soins aux personnes âgées dépendantes, mais sans supprimer d’emplois de personnels de soin, tout en conduisant cependant à une dégradation de leur statut et de leur rémunération (« Robots and Labor in the Service Sector : Evidence from Nursing Homes », Karen Eggleston, Yong Suk Lee et Toshiaki Iizuka, National Bureau of Economic Research working paper nº 28322, janvier 2021).

La question spécifique posée par les trois économistes – respectivement américaine, coréen et japonais – renvoie à une question plus générale : les robots vont-ils remplacer les hommes et conduire à une destruction massive d’emplois ? Le débat est vif entre économistes, qui revisitent ainsi la question classique de l’impact du progrès technique sur l’emploi et le travail.

Dans le contexte japonais, l’enjeu est sensiblement différent puisque plusieurs secteurs manquent de main-d’œuvre, notamment celui des services aux personnes âgées, dans un contexte de politique migratoire toujours très restrictive et de vieillissement accéléré de la population (plus d’un quart de la population japonaise a plus de 65 ans aujourd’hui), qui non seulement crée de nouveaux besoins de soins et de services, mais encore réduit mécaniquement l’offre de travail malgré le recul de l’âge de départ à la retraite. On estime ainsi qu’il manquera en 2025 plus de 380 000 emplois de soins pour faire face aux besoins des personnes âgées.

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La présence de robots dans les maisons de retraite japonaises est aujourd’hui en croissance, même s’ils sont concentrés dans moins d’un quart des établissements. Il s’agit toutefois en majorité de robots de surveillance, qui permettent par exemple d’alerter en cas de chute. Il existe également des robots aidant à la mobilité ou permettant d’assister les soignants pour soulever les patients et, en plus petit nombre, des robots « sociaux » capables de dialoguer avec les patients.

Moins de travailleurs en CDI

Les trois chercheurs ont enquêté auprès de 900 maisons de retraite et de plus de 150 000 travailleurs au cours de l’année 2017. Ils constatent qu’il n’y a pas eu de diminution du nombre d’emplois de personnel soignant du fait du déploiement des robots. Deux autres résultats retiennent cependant l’attention.

Tout d’abord, si le nombre total d’emplois reste stable, celui des travailleurs temporaires et à temps partiel augmente alors que celui des travailleurs en CDI diminue, signe d’une flexibilisation de l’emploi.

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