A la RoboCup, des robots dopés à l’intelligence artificielle

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Sur un rectangle de pelouse en plastique bordé de lignes blanches et de deux buts, des petits robots rouges ou bleus piétinent, oscillant de la tête, tandis que d’autres sont étendus inanimés sur le bord du miniterrain. Au coup de sifflet de l’arbitre (humain), l’un d’eux s’avance vers le ballon qui attend sur le rond central, le frappe d’un pied doté de quatre crampons, avant de suivre sa « course » – plutôt une déambulation prudente – tandis que d’autres automates, qui ont chuté en tentant de le suivre, entreprennent une étrange gymnastique pour se remettre debout. Un coéquipier arrive près de la balle, se positionne sans que l’équipe adverse réagisse vraiment, et, après une ou deux secondes d’immobilité, détend une jambe et inscrit le premier but de la partie. Il y en aura trois autres avant le coup de sifflet final, tous marqués par l’équipe bleue bordelaise Rhoban, dans ce match amical contre une équipe coréenne.

Tandis que les entraîneurs se serrent la main, les équipiers humains pianotent déjà sur leurs ordinateurs pour corriger un comportement aberrant ou, tournevis en main, remettent les batteries en charge ou remontent une jambe défaillante. Céline Dobigeon, professeure de génie mécanique à l’institut universitaire de technologie (IUT) de Bordeaux, qui a conçu et fabriqué les petits humanoïdes de l’équipe Rhoban, reste ainsi à l’affût des moindres défaillances de ses protégés, dotés « de vingt moteurs et de membres d’aluminium, moins déformables que le carbone ».

Ces scènes se sont reproduites à l’infini lors de la RoboCup, la plus grande compétition internationale de robotique, organisée pour sa 26ᵉ édition à Bordeaux, qui a réuni du 4 au 10 juillet quelque 2 500 compétiteurs de 45 pays – chercheurs et étudiants, mais aussi lycéens. Plusieurs ligues s’affrontaient autour du ballon rond : robots humanoïdes petits et grands, faits maison ou « monotypes » identiques, comme le petit Nao, de conception française – c’est alors la programmation qui fait la différence –, mais aussi barils et pyramides montés sur roues, bien plus vifs, agressifs et coordonnés.

Match opposant des robots de la ligue humanoïde, lors de la 26ᵉ édition de la RobotCup, à Bordeaux, le 6 juillet 2023.

« J’espère que DeepMind concourra l’année prochaine »

Le football n’est pas le seul terrain de compétition de la RoboCup, où des robots s’affrontent dans des épreuves de domotique, de tâches industrielles répétitives ou encore dans des épreuves d’exploration de zones de catastrophe. L’objectif ? Faire progresser cette forme d’« intelligence incarnée » que sont les robots, résume Olivier Ly, du Laboratoire bordelais de recherche en informatique, organisateur de la RoboCup. Son équipe, Rhoban, a déjà remporté à quatre reprises la ligue des humanoïdes de petite taille en foot. Dimanche 9 juillet au soir, elle pouvait célébrer un cinquième trophée, après une victoire 5 à 2 contre ses rivaux japonais, à qui elle a repris le titre. « Le score était de 2-2 à la mi-temps, c’était vachement serré, puis leurs moteurs ont chauffé », commente Olivier Ly.

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