Inondations dramatiques au Brésil : que s’est-il passé ?

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Le Brésil a subi plusieurs inondations de grande échelle en l’espace d’une semaine : des pluies diluviennes se sont abattues sur le sud du pays, dans la région de Rio Grande do Sul, entre le 30 avril et le 2 mai dernier. Ces derniers jours, de nouvelles pluies orageuses ont aggravé la situation. Comment expliquer des précipitations aussi intenses ?

Une dépression s’est en effet déplacée très lentement sur la zone et c’est justement cette faible vitessevitesse de déplacement (quasiment stationnaire) qui lui a permis de déverser de fortes pluies orageuses en continu pendant plusieurs jours : jusqu’à 200 mm localement. Les rues des villes ont été submergées, des barrages ont cédé et des glissements de terrain se sont produits : au moins 100 personnes sont décédées et autant sont encore portées disparues. 60 000 habitations ont été endommagées dans environ 400 communes.

À Porto Alegre, la rivière Guaîba a atteint 5,3 mètres de hauteur, dépassant le précédent record de 1941. Mais cet événement intense fait suite à une série de fortes précipitations qui dure déjà depuis un an : les sols étaient déjà saturés d’eau et ces nouvelles pluies n’ont pas pu être absorbées.

Les images des villages noyés sous l’eau sur plusieurs centaines de kilomètres sont particulièrement impressionnantes. Des milliers d’animaux de ferme sont décédés dans cette région d’élevage. La vidéo du cheval Caramelo, piégé sur un toittoit au milieu des flots, a fait le tour du monde.

L’animal a pu être secouru par les pompiers et il est désormais hors de danger.

Les précipitations ont augmenté de 15 % par rapport aux dépressions du passé

Dans le passé, des dépressions similaires à celle qui a touché le sud du Brésil étaient moins pluvieuses, selon l’organisme Climameter. Pour un événement similaire, les pluies ont augmenté de 15 %, soit jusqu’à 6 mm de plus par jour entre les dépressions récentes de ce type (2001-2023) et les dépressions du passé (1979-2001). L’augmentation est visible, mais comme le précise Climameter, elle n’est pas non plus énorme. La variabilité naturelle (qui comprend le phénomène El Niño et l’oscillation atlantique multidécennale), comme le changement climatique, ont donc tous les deux joué un rôle. Climameter précise tout de même que la hausse mondiale des température a certainement joué le plus grand rôle, avec un indice de confiance moyen à élevé.

Au moment de la formation de la dépression, les températures étaient supérieures aux moyennes de saison d’environ +5 °C. Plus les températures sont élevées, plus l’eau de surface des océans s’évapore, et plus les dépressions se chargent de pluies.

L’organisme précise que depuis 1960, le réchauffement climatique a clairement affecté la distribution des pluies au Brésil avec des extrêmes plus marqués dans les deux sens : des zones de plus en plus sèches et des zones de plus en plus humides. De nouvelles pluies abondantes sont à nouveau attendues sur la même zone entre ce vendredi et ce lundi.



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