Ce qui se passe en ce moment dans l’océan est hors-norme !

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C’est un nouvel événement majeur qui vient de se produire dans les océans en ce début d’année 2024 : la température de surface des océans vient d’atteindre le seuil des 21 °C de moyenne dans le monde, soit 0,76 °C au-dessus de la moyenne 1982-2011. Cette valeur dépasse donc le record de l’hiver 2016 et égalise quasiment celui atteint en août 2023. Un tel seuil représente déjà une anomalieanomalie exceptionnelle en plein été (sur l’hémisphère Nord), or il s’agit ici d’un record établi en plein hiver (toujours sur l’hémisphère Nord).

Malgré le fait que l’hémisphère Sud-est, de son côté, en été, la température de surface des océans la plus élevée de l’année est en général enregistrée vers mi-mars, justement à la fin de l’été sur cette partie du monde. Observer un tel réchauffement début janvier est donc du jamais-vu depuis le début des relevés !

El Niño est-il responsable de cette anomalie chaude dans les océans ?

Cette anomalie complètement hors-norme s’explique par deux phénomènes qui s’additionnent actuellement : l’effet réchauffant d’El Niño, une phase climatique naturelle, qui a atteint son pic d’intensité en décembre, et le réchauffement climatique lié aux émissionsémissions de gaz à effet de serre.  

Le phénomène El NiñoEl Niño 2023-204 est considéré comme « fort », il est donc normal qu’il ait un impact sur la température de surface des océans, mais cet El Niño n’est pas non plus exceptionnel. Rappelons en effet que les précédents El Niño des dernières années, dont certains plus puissants, n’ont pas permis d’atteindre les sommets des températures de 2023-2024 : la température des océans connaît une hausse explosive depuis 10 ans quelle que soit la phase (El Niño ou son homologue froid La NiñaLa Niña) provoquée par le réchauffement climatique lié aux activités humaines.


Des températures jamais vues dans les océans avec des conséquences imprévisibles !

Article de Karine DurandKarine Durand, écrit le 20 octobre 2023

Parmi toutes les conséquences du réchauffement climatique, la température de surface des océans est celle qui dépasse le plus toutes les prévisions des climatologuesclimatologues. Son écart à la moyenne est actuellement record. Le niveau actuel des températures s’écarte encore plus de la moyenne qu’au cours de l’été.

Son niveau est record depuis le début d’année, et a atteint un premier pic en avril, puis fin août, avec 21,1 °C de moyenne. La température de surface des océans a ensuite connu une baisse marquée mi-septembre, classique à cette période de l’année. Mais depuis le 10 octobre, elle repart à la hausse, avec une courbe quasiment à la verticale sur son graphique d’évolution. Ce 17 octobre, elle atteignait 20,9 °C. La hausse est en partie liée au renforcement du phénomène climatique El Niño, qui va atteindre son pic entre décembre et février.

78 % de la surface des océans est en vague de chaleur

Mais en plus de la température, c’est l’écart à la moyenne qui frappe, et celui-ci a atteint un niveau sans précédent le 17 octobre : +0,702 °C comparé à la moyenne 1991-2020, battant le précédent record d’anomalie enregistré le 9 septembre (0,700 °C) selon les calculs du professeur Eliot Jacobson.

Le renforcement d’El Niño au cours des prochains mois, additionné au réchauffement climatique lié aux activités humaines, conduira très certainement à un écart à la norme encore plus grand d’ici la fin de l’hiver et le début du printemps. El Niño est localisé dans le Pacifique équatorial et n’est pas le seul responsable d’un tel écart à la norme : 78 % de la surface océanique (hors zones recouvertes de glace) est en vaguevague de chaleurchaleur actuellement d’après l’Institut national de recherche sur l’eau et l’atmosphèreatmosphère de Nouvelle-Zélande.

L’océan Atlantique reste le plus concerné par cette chaleur excessive avec une moyenne de 24,2 °C le 17 octobre, soit plus d’1,1 °C comparé à la norme 1982-2011.


La température de l’océan est incroyable et dépasse tout ce que les scientifiques avaient imaginé

Article de Karine Durand, écrit le 21 juillet 2023

Depuis le début d’année 2023, la température n’en finit plus d’étonner les climatologues, même les plus pessimistes d’entre eux. À tel point que les scientifiques parlent désormais d’une chaleur hors-norme, mais qu’est-ce que cela signifie au juste ?

Depuis le mois d’avril, la température moyenne est qualifiée de hors-norme. Pour comprendre ce que ce terme signifie, il faut déjà rappeler ce qu’est la norme : il s’agit de la moyenne calculée sur une période donnée, et qui fait office de référence pour les comparaisons. Ce lundi 4 septembre, la température moyenne de surface des océans atteignait les 21 °C, contre 20,7 °C le même jour en 2022, et bien au-dessus de la moyenne 1982-2011 avec 20,2 °C. L’écart à la norme (ici, la moyenne 1982-2011) est donc de 0,8 °C, un chiffre considérable pour une massemasse d’eau qui est censée réagir lentement aux variations climatiques de la Planète.

20 ans de hausse moyenne en l’espace d’une seule année

Comme le fait remarquer l’ingénieur polytechnicien, et président de The Shift ProjectJean-Marc Jancovici : « 2023, en haut, se détache du paquetpaquet de manière considérable. Sur les mois de juin, juillet et août, l’écart au record précédent est en gros le même que celui entre 2000 et 2022. 20 ans de hausse moyenne en une seule année ! » L’évolution du réchauffement des océans est tout simplement incroyable et dépasse tout ce que les scientifiques avaient imaginé : « ce qui est en train de se passer est l’exact inverse des conséquences du réchauffement climatique qui auraient été exagérées par le GiecGiec : la dérive s’accélère par rapport à ce que les outils de simulation climatiquesimulation climatique proposaient il y a quelque temps (il suffit de relire les rapports d’il y a 10 ou 15 ans !) », précise Jean-Marc Jancovici.

L’Atlantique a franchi un seuil impensable

La masse globale des océans se réchauffe, mais l’un d’entre eux a véritablement bouleversé l’histoire de la climatologieclimatologie, l’océan atlantique nord. Le seuil impensable des 25 °C de moyenne a été franchi fin juillet-début août, et la température en surface atteignait encore 25,3 °C ce 4 septembre.

Comparé à la moyenne 1982-2011, l’écart monte à +1,3 °C. Ce niveau, que les climatologues pensaient ne jamais connaître de leur vivant, a obligé certains d’entre eux à modifier les échelles de leurs graphiques.


La température de l’océan Atlantique Nord est tellement élevée que les graphiques doivent être modifiés !

Article de Karine Durand, écrit le 21 juillet 2023

La température de l’océan Atlantique Nord subit une nouvelle hausse : la courbe des températures est en train de grimper à la verticale, à tel point que l’échelle des graphiques doit être modifiée !

La chaleur du nord-est de l’océan Atlantique, autour de la France, de l’Irlande et de l’Angleterre, s’est légèrement atténuée et les températures de l’eau sont redevenues plus classiques le long des côtes européennes — en dehors de la Méditerranée qui est toujours en surchauffe. Mais d’autres zones de l’Atlantique continuent de se réchauffer à un point qui dépasse tout ce que les climatologues avaient imaginé. Les graphiques doivent donc être repensés, le maximum prévu ne suffit plus, comme sur celui du Professeur Eliot Jacobson.

Le site de référence pour la surveillance de la température de surface des océans, Climate Reanalyzer, de l’Université du Maine, ne va probablement pas tarder non plus à modifier son échelle : si la courbe de 2022 était déjà très proche du maximum prévu, celle de 2023 est encore plus hors-norme. La température de surface de l’Atlantique était de 24,6 °C le 19 juillet, alors que l’axe du graphique ne dépasse pas 25 °C.

La température était de 23,5 °C le même jour en 2022 (déjà un record), la moyenne 1982-2011 de 23,2 °C. À ce rythme, ce qui semblait auparavant inenvisageable risque de se produire ces prochaines semaines : le seuil des 25 °C sera peut-être franchi début août.


Surchauffe de l’océan Atlantique : où en est-on ?

Article de Karine Durand, publié le 8 juillet 2023

Ces derniers jours, la mer a davantage été brassée et l’océan atlantique s’est légèrement refroidi après avoir connu un pic de chaleur exceptionnel le 21 juin dernier. Mais pour autant, la surchauffe de l’océan atlantique est loin d’être terminée.

Après avoir atteint des valeurs supérieures aux normales de +4 à +5 °C, les températures de l’eau ont retrouvé des niveaux plus classiques sur les plages de l’ouest du pays. Les conditions météométéo très calmes et anticycloniques avaient en effet contribué à la surchauffe de l’Atlantique autour de la France, de l’Angleterre et de l’Irlande.

La vague de chaleur sous-marine qui touche surtout le nord-est de l’Atlantique va tout de même s’atténuer selon le dernier bulletin de Mercator Océan : elle va passer de la catégorie « extrême » à « modérée ». Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de vague de chaleur, puisque l’eau reste encore anormalement chaude, et cela semble parti pour durer. Mercator estime que la température moyenne de l’océan va rester au-dessus des normales jusqu’au mois d’août, au moins, alors que c’est déjà le cas depuis deux mois. En juin, l’écart à la moyenne était de +0,91 °C, soit +0,5 °C par rapport au précédent mois de juin le plus chaud, celui de 2010, selon Copernicus. Ce 5 juillet, la température moyenne était de 23,8 °C, une valeur toujours record : 

Un tel niveau de chaleur dans une si grande masse d’eau ne peut pas s’évacuer en quelques semaines, il est donc probable qu’une anomalie chaude, de plus ou moins forte intensité, reste présente dans l’Atlantique jusqu’à la fin de l’année.  


La chaleur record de l’Atlantique est-elle vraiment inquiétante ?

Article de Karine Durand, publié le 20 juin 2023

L’océan Atlantique prend des allures de jacuzzi bouillant depuis quelques semaines ! La température moyenne de surface ne cesse de grimper à des niveaux hors du commun. Mais le phénomène pourrait être très éphémère en ce qui concerne les eaux côtières qui bordent l’Europe.

La température de surface a commencé à s’envoler dès le mois de mars, en dépassant très nettement le record déjà établi de l’année passée. Mais alors que l’on pensait avoir atteint le point culminant de cette surchauffe début juin, la chaleur continue de s’intensifier et de s’écarter de la norme : la température moyenne de surface de l’Atlantique se situe à 23 °C le 17 juin, devant les 22,3 °C du même jour en 2022, et bien loin devant la normale de 21,8 °C à cette époque (calculée sur une moyenne de 1982 à 2011).

La surchauffe des eaux européennes n’est pas encore inquiétante

Le nord comme le sud de cet océan est concerné, mais ce sont les températures de l’Atlantique Nord qui s’écartent le plus de la moyenne. Les côtes de la France sont directement touchées, avec des écarts importants à la moyenne sur le golfe de Gascogne, du côté de la Rochelle et de Royan. En prenant un peu de recul, on s’aperçoit que quasiment tous les océans du monde sont touchés par une chaleur anormale depuis le printemps, une conséquence directe du réchauffement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Mais en ce qui concerne les eaux bordant l’Europe de l’Ouest, « il s’agit surtout d’une conséquence de la météo des dernières semaines, notamment des conditions très calmes sur les îles britanniques », explique Jonathan Beuvier, chercheur au centre national de recherches météorologiques de Météo France. Car si la surchauffe est évidente au niveau des eaux de surface, elle n’est pas présente en profondeur. En regardant le bulletin physique global journalier de Mercator Océan, on s’aperçoit que cette chaleur anormale est « restreinte aux premiers mètres, c’est une couche de surfacecouche de surface isolée », précise le chercheur de Météo France.

Dès 30 mètres de profondeur, il n’y a plus de température anormale dans l’eau autour de l’Europe de l’Ouest, ce qui est rassurant concernant les éventuelles conséquences sur la météo en France. « Ce qui compte c’est l’étendue verticale, et comme cette chaleur de surface est isolée de ce qui se passe en dessous, un peu de ventvent pourrait la faire se mélanger aux eaux du dessous. Les conditions météo peuvent donc faire rapidement changer la situation. Il suffit d’une météo plus venteuse sur cette partie de l’océan Atlantique pour que ça change », selon Jonathan Beuvier. Même si elle est remarquable en surface, cette chaleur de l’eau autour de l’Europe de l’Ouest est donc probablement « peu durable, car c’est très peu étendu en profondeur ».

Cette surchauffe des eaux européennes deviendrait réellement inquiétante si elle venait à durer, ou à se répéter, ces prochains mois. Mais aussi et surtout, si cette chaleur anormale venait à gagner les couches plus profondes de l’océan.

Une autre partie de l’Atlantique présente une surchauffe plus alarmante

La situation est différente pour une très large zone de l’Atlantique, qui s’étend des côtes africaines (Sahara occidental, Mauritanie, Sénégal, Sierra Leone, Guinée, Cameroun…) jusqu’à la côte est américaine et le golfe du Mexique. À 30 mètres de profondeur, la chaleur est toujours très au-dessus des normales, jusqu’à 28/29 °C localement. Plus inquiétant encore, de fortes anomalies chaudes sont toujours présentes à 100 mètres de profondeur sur une grande partie de cette même zone, en particulier le long des États-Unis, autour des Antilles et jusqu’au Brésil.

De ce côté-là, cette chaleur excessive est toujours présente à 300 mètres de profondeur et même en dessous ! Sachant que le principal facteur de formation d’un cyclone tropical (et donc d’un ouraganouragan s’il se renforce) est la chaleur de l’eau : la température doit atteindre ou dépasser 26,5 °C jusqu’à au moins 60 mètres de profondeur avec une température des eaux de surface atteignant ou dépassant 28 à 29 °C. Malgré l’effet atténuant du phénomène climatique El Niño sur la saison cyclonique, dans les eaux, toutes les conditions sont actuellement réunies pour des cyclonescyclones précoces et puissants pile dans leur zone habituelle de formation.


L’océan Atlantique Nord enregistre un pic de chaleur qui dépasse tout ce que les scientifiques avaient prévu !

Article de Karine Durand, publié le 12 juin 2023

Depuis quelques jours, l’océan Atlantique Nord subit un pic de chaleur jugé comme « incroyable » par les climatologues. Le record de température de cette masse d’eau habituellement tempérée est pulvérisé et cela aura des conséquences sur la météo des prochains mois.

Après les pôles, l’Europe de l’Ouest est la zone du monde qui se réchauffe le plus vite. Il n’est donc pas étonnant qu’entre ces deux zones, l’ArctiqueArctique et les côtes françaises, se trouve une vaste étendue d’eau qui connaît une surchauffe invraisemblable actuellement : l’océan Atlantique Nord est confronté à un pic de chaleur qui dépasse tout ce que les climatologues avaient prévu. Le 10 juin dernier, la température moyenne de surface de l’Atlantique Nord s’est élevée jusqu’à 22,7 °C, soit environ 1 °C de plus que la moyenne 1982-2023.

En comparaison, cette température atteignait 22 °C à la même date en 2022, soit une hausse de 0,7 °C en 1 an. Sur TwitterTwitter, de nombreux climatologues du monde entier jugent cette hausse tout simplement « incroyable ».

La température moyenne de surface de tous les océans combinés atteint un niveau record depuis mi-janvier 2023, mais la zone Atlantique située la plus proche des côtes françaises est celle qui subit la forte anomalie chaude. Au début du printemps, les eaux plus chaudes étaient celles bordant le Cap-Vert, mais d’autres « points chaudspoints chauds » se sont ensuite développés plus au nord, comme au golfe de Gascogne.

Une telle chaleur océanique aura forcément des conséquences sur la météo

La chaleur des océans est le principal carburant des tempêtes tropicales. Il existe une vraie corrélation entre la température de l’océan Atlantique au cours du printemps et la saisonsaison cyclonique. Celle-ci est pour le moment envisagée comme « plus faible » que celles des précédentes années en raison du phénomène climatique El Niño, mais une telle anomalie de chaleur dans l’Atlantique Nord pourrait changer la donne et donner lieu à des tempêtestempêtes, voire des ouragans, plus puissants au cours de l’été et de l’automneautomne.

 

 

 

 





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