L’« exfiltration » des orques de Marineland vers le Japon dans des conditions dégradées inquiète

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Nouveau scandale à Marineland : le zoo marin s’apprêterait à transférer ses trois orques vers un parc aquatique japonais, dans des conditions pires que celles proposées par le parc français, et alors que les animaux étaient prioritaires pour rejoindre un sanctuaire canadien où finir leurs jours en liberté. 

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Marineland, c’est un parc zoologique, un parc aquatique, un parc de jeux pour enfants, un minigolf, un hôtel trois étoiles… pour un chiffre d’affaires en hausse de 7 % en 2022 par rapport à l’avant-Covid (il était d’environ 40 millions d’euros en 2016). Marineland, c’est aussi le lieu de villégiature de deux ours polaires acclimatés – paraît-il – à la chaleur azuréenne, douze grands dauphins, divers phoques et otaries, ainsi qu’une myriade d’espèces aquatiques. De quoi assurer « un moment magique » aux quelque 850 000 visiteurs qui se pressent chaque année dans le ventre du monstrueux bébé d’Antibes.

Pourtant, c’est bien connu : le secret de chaque tour de magie repose dans la capacité du prestidigitateur à faire diversion. Ces dernières années, Marineland offrait l’illusion d’un sanctuaire de la préservation de la biodiversité grâce à une communication léchée, une page de son site dédiée au bien-être animal et de grands bassins où bondissent orques et dauphins.

Marineland : refuge ou machine à sous ?

Mais voilà plusieurs années que les défenseurs de l’environnement s’attachent à dénoncer les conditions de vie des cétacées qui seraient, selon eux, responsables de la mort de l’orque Moana en octobre dernier. Un acharnement qui a fini par payer avec la promulgation, en novembre 2021, de la loi contre la maltraitance animale qui prévoit l’interdiction, à partir de décembre 2026, des spectacles de cétacés et, sauf dérogation, du maintien des orques et dauphins en captivité dans le parc. 

Une nouvelle qui a réjoui les ONG, jusqu’à ce que le soufflé ne retombe : selon l’association OneVoice, le parc se préparerait à transférer les orques vers le Japon en prévision de l’entrée en vigueur de cette loi. Pour preuve, ces images révélant un « test de stress » : un entraînement de transfert de la petite famille à l’aide de harnais et d’une grue. À cela s’ajoute la disparition de la page « Rencontre avec les orques » du site du parc, pointe Le Progrès

Un transfert vers le Japon imminent

À priori, pas de quoi en faire tout un plat… Si ce n’est que Wikie, Keijo et Inouk ne partent pas en direction du sanctuaire de Nouvelle-Écosse (Canada) encore en cours d’aménagement, mais pour un parc aquatique. « Une délégation d’un parc aquatique japonais est venue ce vendredi », assure même Jessica Lefèvre-Grave, chargée des relations presse de One Voice pour 20minutes.fr

Or, en plus du stress engendré par la manœuvre sur des animaux déjà en mauvaise santé, les conditions de vie au Japon seraient dans des conditions d’exploitation « plus terribles encore que celles dont elles faisaient l’objet en France », s’indigne Sea Shepherd France. Et pour cause : le Kamogawa Sea World continue d’organiser des spectacles avec des orques, offre la possibilité de caresser les dauphins et de se prendre en photo avec des otaries…, le tout dans un pays ne prévoyant aucune forme de protection juridique pour les animaux. En outre, la famille risque d’être séparée. 

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La bourse ou la vie !

Les raisons de ce transfert vers le Japon plutôt que vers un sanctuaire sont – sans surprise – financières : la complexité logistique et le coût d’un transfert vers la Nouvelle-Écosse sont bien plus importants que la vente des orques au Japon – comptez environ 2 millions d’euros par individu. Mieux que la perte financière sèche si Marineland attend la mise en application de la loi pour évacuer les orques, ou que le coût représenté par la mise en place d’un programme scientifique et l’amélioration de ses infrastructures pour garder ses trois pensionnaires. « Une autre raison qui pousserait le parc à agir ainsi est l’horizon d’une expertise sur l’état de santé et les conditions de vie des orques, décidée par la cour d’appel d’Aix-en-Provence en septembre dernier, soit avant la mort de Moana », rappelle également 20minutes.fr dans ses colonnes.

« La préfecture et le ministère ne doivent pas se rendre complices d’une exfiltration en catimini des orques qui permettrait au Marineland de se soustraire à une expertise dont il ne veut pas », conclut OneVoice, qui s’attend à un transfert par avion dans les jours qui viennent.





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