La Niña va faire son retour mais est-ce une bonne nouvelle ?

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Moins d’un an après sa mise en place, le phénomène El Niño commence à montrer des signes d’affaiblissement. Toutes les prévisions saisonnières s’orientent vers une année 2024 marquée par le retour de La Niña au cours de l’été. Après le double réchauffement de 2023, lié au changement climatique et à El Niño, l’arrivée de La Niña cette année est-elle une bonne nouvelle ?

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que le El NiñoEl Niño 2023 aura fait parler de lui. Son pouvoir réchauffant s’est additionné à celui du réchauffement climatique lié aux émissionsémissions de gaz à effet de serre, et ces deux paramètres, en plus de quelques autres plus minimes, ont donné lieu à l’année la plus chaude enregistrée depuis le début des relevés météo, c’est-à-dire depuis 174 ans.

El Niño va prendre fin dans les prochaines semaines

El Niño 2023 aura finalement été fort, mais pas extrême, contrairement à ce que certains organismes météométéo craignaient. Rappelons en effet que pour confirmer un phénomène El Niño, il faut que les températures dans l’océan Pacifique équatorial dépassent les moyennes de 0,5 à 0,8 °C, ce qui s’est produit en juin 2023. Les scientifiques attribuent le qualificatif « super El Niño » lorsque les températures montent à plus de 2 °C au-dessus des normales pendant 3 mois. Le phénomène de cette année a atteint un réchauffement temporaire de 2 °C à l’automne, puis est redescendu à 1,9 °C entre fin décembre 2023 et début janvier 2024, ce qui fait de lui un phénomène tout de même assez puissant.

Les prévisions climatiques de la NOAANOAA envisagent un affaiblissement marqué entre février et mars, et la fin officielle d’El Niño en avril, voire avant.

Le pouvoir réchauffant d’El Niño ne sera pas terminé pour autant

En général, la fin d’une phase (comme El Niño) est suivie d’une période neutre (sans anomalieanomalie chaude ou froide de l’est du Pacifique). Cette phase neutre dure souvent plusieurs mois, un an ou plusieurs années. Mais cette année, le début d’un nouveau cycle ne devrait pas se faire attendre : à peine El Niño terminé, revoilà La NiñaLa Niña ! La Niña est la phase froide qui limite la hausse des températures, et peut même atténuer celle liée au réchauffement climatique. 

Serait-ce donc une bonne nouvelle ? Tout dépend de quoi, et de qui parle-t-on. Au niveau mondial, même si El Niño disparaît au printemps, son pouvoir réchauffant prend du temps à gagner l’ensemble de la Planète, et le plus fort réchauffement lié à El Niño intervient en général un an après sa mise en place. 2024 devrait donc être encore marqué par des températures anormalement élevées, entre l’effet décalé d’El Niño, et le réchauffement climatique qui continue à s’accentuer.

Les conséquences de La Niña seront visibles à partir de fin 2024

D’autre part, si El Niño a des effets négatifs sur certaines régions du monde (canicule en Australie et en Amérique du Sud, sécheresse en Amazonie, etc.) et positives sur d’autres (moins d’ouragansouragans dans l’Atlantique Nord, par exemple), La Niña a d’autres conséquences. Lors d’une phase La Niña, le nord de l’Amérique du Sud (Brésil, Venezuela, Colombie), le nord-ouest du continent américain (États-Unis et Canada), le sud de l’Inde, la péninsulepéninsule indochinoise et l’Australie sont confrontés à des températures plus basses que la normale. La sécheresse est généralement plus forte dans le sud des États-Unis, au Mexique, ainsi qu’en Chine. À l’inverse, le sud-est de l’Asie et le Brésil pourraient subir des pluies plus importantes que la normale, tout comme le nord-ouest des États-Unis, le Canada, et l’Australie. La saisonsaison des ouragans est également plus violente dans l’Atlantique Nord, tout comme la saison des tornadestornades aux États-Unis.  

En Europe, les conséquences ne sont pas prouvées : si El Niño est connu pour provoquer un temps plus doux et plus humide (comme c’est le cas depuis l’automne 2023), La Niña serait responsable d’un hiverhiver précoce et plus froid (ce qui ne s’est pas vérifié lors des dernières phases). Cependant, tout comme le pouvoir réchauffant d’El Niño prend des mois à se mettre en place et un an à atteindre son effet le plus fort, le pouvoir refroidissant de La Niña va aussi prendre plusieurs mois à prendre effet : l’effet atténuant sur le réchauffement lié aux émissions de gaz à effet de serre ne sera sans doute perceptible qu’à la fin de l’année 2024, et plus encore, en 2025, tout comme ses conséquences les plus fortes. Il est également étonnant de constater que tous les modèles de prévision climatique estimaient qu’El Niño allait devenir de plus en plus fréquent en raison du changement climatique, or La Niña est clairement majoritaire depuis 15 ans.  



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