Une exoplanète de la taille de la Terre aurait un océan de magma pour hémisphère

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Le monde des exoplanètes est décidément fascinant. HD 63433 est une étoile de type solaire à environ 75 années-lumière de la Terre que l’on connaissait déjà pour quelques exoplanètes de type géante gazeuse. Mais les données du satellite Tess laissent maintenant penser que se trouve aussi en orbite autour de cette étoile une jeune planète rocheuse presque de la taille de la Terre, mais avec un demi-océan global de lave.

Sur Terre, les lacs de lave font rêver, généralement transitoires, une minorité peut durer au moins des siècles avec des diminutions d’activité épisodiques. À cet égard, les plus célèbres sont ceux du Nyiragongo, en RDC, et à Hawaï, le lac de lave du volcan Kilauea qui se vide et se remplit de manière cyclique. Sans oublier bien sûr celui de l’Erta Alé, en Éthiopie.

On connaissait déjà depuis quelques années un système planétaire découvert autour de l’étoile portant le numéro HD 63433 dans le célèbre catalogue Henry Draper (HD). Elle mesure environ 0,91 la taille et 0,99 la masse du Soleil, ce qui en fait une étoile de type G2. Mais une équipe d’astronomes utilisant le télescope spatial Tess (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la Nasa vient de faire savoir, via un article que l’on peut consulter en libre accès sur arXiv, qu’une nouvelle exoplanète y avait été mise en évidence. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une géante gazeuse mais bien d’une planète rocheuse de masse et taille comparables à celle de la Terre (environ 1,1 fois son rayon).

Le saviez-vous ?

Le catalogue Henry Draper (HD) regroupe les données sur plus de 225 000 étoiles dont les magnitudes apparentes vont jusqu’à 9 environ. Établi au début du XXe siècle par l’astronome Annie Jump Cannon et ses collègues du Harvard College Observatory, il couvre presque toute la voûte céleste. Il tire son nom d’un pionnier de l’astrophotographie, qui fut le premier à obtenir un spectre stellaire, celui de Véga, en 1872. À sa mort, sa veuve avait financé la réalisation de ce catalogue, par la suite largement utilisé par les astronomes. Voilà pourquoi plusieurs étoiles de la Voie lactée étudiées pour leurs exoplanètes sont référencées par les lettres HD.


Première vidéo d’une minute de l’expédition Actsafe sur le volcan Nyiragongo de février 2016, mise en ligne à Goma, RDC, Afrique. © geoffmackley

Une exoplanète en rotation synchrone avec des laves à plus de 1 200 °C ?

Mais la comparaison s’arrête là, HD 63433 d boucle son orbite en seulement 4,2 jours autour de son soleil. Mercure met tout de même 88 jours et sa température de surface y est d’environ 167 °C en moyenne. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que pour cette planète découverte par la méthode du transit planétaire et qui se trouve en rotation synchrone, présentant toujours la même face à l’étoile HD 63433, aussi appelée TOI 1726 (TOI étant pour Tess Object of Interest, en anglais), la température de surface de son hémisphère diurne faisant constamment face à son soleil soit telle que les roches doivent fondre. On l’estime à 1 257 °C. Pour mémoire, sur Terre selon leur composition chimique, les températures de lave varient de 500 °C (par exemple, les natrocarbonatites de l’Ol Doinyo Lengai atteignent 540 à 593 °C) à 1 200 °C (le basalte n’est fluide qu’à plus de 1 100 °C).

HD 63433 d est remarquable à d’autres titres et pas seulement parce qu’il est donc très probable que son hémisphère diurne soit un océan global de lave. C’est la plus petite exoplanète confirmée âgée de moins de 500 millions d’années. C’est également la planète de la taille de la Terre découverte la plus proche aussi jeune, âgée d’environ 400 millions d’années.

Enfin, comme l’explique un communiqué de la Nasa, les températures torrides sur HD 63433 d sont comparables à celles des mondes de lave comme CoRoT-7 b et Kepler-10 b.



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