La fin de l’énigme pour les « îles magiques » de Titan, la lune de Saturne ?

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En 2014, les sondages radar de la sonde Cassini révélaient des structures transitoires et mystérieuses à la surface des mers et lacs d’hydrocarbure de Titan, la plus grosse lune de Saturne, et dans le Système solaire. Une équipe de planétologues pense avoir la solution de l’énigme, qui serait comparable au vêlage sur Terre.

La défunte sonde Cassini avait le pouvoir de voir à travers l’atmosphère dense de Titan, essentiellement composée de diazote moléculaire grâce à son radar. Les planétologues sont alors devenus perplexes en découvrant des structures évoquant des îles mais transitoires à la surface des lacs et mers de Titan principalement constitués de méthane et d’éthane. Pour être précis, les images radar montraient en 2014 comme des points lumineux changeants à la surface des mers qui pouvaient durer de quelques heures à plusieurs semaines sur Ligeia Mare (la mer de Ligie ou mer de Ligée, en français), un lac d’hydrocarbures large d’environ 500 kilomètres.

Ces structures ont été baptisées des « îles magiques ». Initialement, on ne pensait pas qu’il s’agissait de corps flottants car les liquides hydrocarbures censés être présents sur Titan, méthane et éthane donc, ont tous deux une faible tension superficielle (la force dans un liquide qui donne à des gouttes d’eau leur forme d’équilibre), ce qui rend plus difficile la flottaison des solides. Pour être précis, les modèles suggéraient que la plupart des solides congelés étaient trop denses et la tension superficielle trop faible pour créer les îles magiques de Titan, à moins que des amas de matière les constituant ne soient poreux comme du fromage suisse.

Des glaciers d’hydrocarbure qui vêlent ?

C’est l’hypothèse qui est maintenant avancée dans un article de la célèbre revue Geophysical Research Letters de l’American Geophysical Union (AGU). Il ne s’agirait pas de structures causées par des vagues ou des bulles d’azote gazeux selon Xinting Yu, planétologue et auteur principal de l’article à ce sujet avec des collègues et dont on peut trouver une version sur arXiv.

Le point de départ de Yu et son équipe, comme l’explique un communiqué de l’AGU, ce sont les processus de formation de diverses molécules et des pluies qui en résultent dans la haute atmosphère de Titan. Quels étaient les amas organiques résultant à la surface des lacs et mers de Titan ? Les chercheurs s’intéressaient à ceux de ces amas qui n’allaient pas se dissoudre rapidement dans ces étendues d’hydrocarbures liquides.


La mission Dragonfly de la Nasa nous en dira plus sur les lacs et mers de Titan. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Nasa

Les modélisations chimiques indiquent que si des amas de certaines molécules organiques se rassemblaient en formant une structure creuse en « nid-d’abeilles », du méthane liquide pouvait s’infiltrer assez lentement pour ne pas détruire ces structures.

En fait, ces amas se formeraient sur les bords des lacs et seraient en quelque sorte les équivalents des icebergs sur Terre qui se détachent de glaciers dans l’eau.



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