Une étude choc révèle que 75 % des bateaux de pêche industrielle ne déclarent pas où ils sont

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Un peu d’intelligence artificielle et beaucoup de données satellites. C’est ce qu’il aura fallu à des chercheurs pour traquer, sur les océans du monde, des milliers de navires et d’infrastructures. De quoi produire une image enfin juste de nos activités en mer.

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Sur le site Global Fishing Watch lancé par Google en 2016, il est possible de suivre en direct les mouvements de quelque 65 000 bateaux de pêche sur les océans du monde grâce à un système de localisation automatisé porté par les navires. De quoi surveiller l’activité humaine en mer, pensez-vous ? Par vraiment, nous révèle aujourd’hui une étude menée par Global Fishing Watch, justement. Car les images satellites montrent que près de 75 % des navires de pêche industrielle échappent à ce suivi. Tout comme plus de 25 % des bateaux de transport et des systèmes énergétiques.

Beaucoup plus de bateaux et une explosion du nombre d’éoliennes en mer

Des chercheurs de Global Fishing Watch et de plusieurs universités américaines expliquent dans la revue Nature comment ils ont analysé 2 millions de gigaoctets d’images prises durant la période 2017-2021. Puis comment l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique leur ont permis de distinguer les bateaux de pêche.

Et comment leurs données montrent que, sur dix navires, sept pêchent du côté de l’Asie et seulement un en Europe. Le tout alors même que les données publiques, quant à elles, suggèrent une activité de pêche similaire dans les deux régions !

L’étude fait aussi apparaître le développement de l’exploitation de l’énergie en mer. Sur la période d’observation, les structures pétrolières ont augmenté de 16 %. Les éoliennes offshores sont devenues deux fois plus nombreuses. Et même neuf fois plus du côté de la Chine.

L’empreinte de l’Anthropocène s’étend sur la mer

« L’empreinte de l’Anthropocène ne se limite désormais plus à la terre ferme », remarque Patrick Halpin, professeur d’écologie géospatiale marine à l’Université Duke, dans un communiqué. « Avoir une vision plus complète de l’industrialisation des océans nous permet de constater une nouvelle croissance de l’énergie éolienne offshore, de l’aquaculture et de l’exploitation minière qui s’ajoute rapidement aux activités établies de pêche industrielle, de transport maritime, pétrolière et gazière. Nos travaux révèlent que l’océan mondial est un espace de travail industriel occupé, encombré et complexe d’une économie bleue en pleine croissance. » Les chercheurs espèrent que leur étude permettra de mieux comprendre les impacts des activités humaines en mer et d’ainsi mieux protéger les écosystèmes.



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