Pourquoi la France n’en a pas fini avec les crues

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C’est une nouvelle (et énième) rivière atmosphérique qui balaye notre pays ce mardi avec des pluies diluviennes sur les régions de l’ouest et du nord : 40 à 70 mm de pluie vont tomber d’ici mercredi sur des sols déjà saturés d’eau. La première semaine de 2024 s’inscrit dans la continuité de ce qui a marqué l’automne et le début d’hiver 2023 : de la pluie en abondance, du vent et de la douceur !

Chaque jour suivant, ou presque, va être marqué par l’arrivée d’une nouvelle perturbation pluvieuse, et cela toujours sur les départements qui présentent déjà des sols gorgés d’eau. D’ici vendredi, les cumuls de pluie atteindront les 100 à 150 mm sur le nord-ouest (Bretagne, Hauts-de-France, Charente…) ainsi que sur les Alpes, soit l’équivalent d’un mois de pluie. La situation météométéo va évoluer à partir du week-end avec l’arrivée de conditions plus froides : mais ce froid ne devrait pas être sec. La tendance semble pour le moment encore s’orienter vers un temps humide, avec donc de la neige abondante en montagne, voire même jusqu’en plaine. À l’ouest, au nord, comme dans les Alpes, le risque de crues restera présent au cours des 10 prochains jours, au moins.

Un excès d’eau bien envisagé dès la fin de l’été dans les prévisions à long terme

L’organisme de surveillance du climat, Copernicus, avait parfaitement envisagé cette météo perturbée et anormalement pluvieuse dès la fin de l’été avec ses prévisions à long terme : les cartes réalisées fin août montraient clairement des précipitations excédentaires au nord-ouest, comme dans l’extrême nord, pour l’automne et le début de l’hiver. Météo France parlait même d’une situation classique lors d’une phase climatique El NiñoEl Niño : ce phénomène naturel, qui se produit par phases, est connu pour apporter un temps plus humide, plus doux et plus venté que la moyenne en Europe de l’Ouest, même si rien n’a encore été prouvé officiellement en ce qui concerne notre pays.

Des pluies plus abondantes que la moyenne jusqu’en mars

Et les prévisions de Copernicus pour les trois prochains mois ne vont clairement pas rassurer les Français déjà sinistrés par les crues. L’organisme prévoit :

  • un temps globalement plus humide que la moyenne sur 80 % du pays en janvier, à l’exception de l’extrême sud ;
  • un temps globalement plus humide que la moyenne sur l’extrême nord et le nord-est du pays en février ;
  • un temps globalement plus humide que la moyenne sur l’ensemble de la moitié nord en mars.

Ce qui frappe le plus dans la tendance à long terme de Copernicus, c’est la répétition, mois après mois, de pluies plus abondantes que la normale sur une zone en particulier : l’extrême  nord, déjà durement frappé par des inondations historiques. Les sols gorgés d’eau seront très facilement sujets aux inondationsinondations jusqu’au début du printemps.

Côté températures, les trois prochains mois s’annoncent plus doux que la moyenne sur l’ensemble de la France, et de manière plus marquée en Bretagne et au sud-ouest. Cette tendance globale n’exclut bien évidemment pas des périodes ponctuelles plus calmes, et plus froides.     


Pourquoi les crues risquent de se répéter au cours des prochains mois

Article de Karine DurandKarine Durand, publié le 12 novembre 2023

Les crues du nord du pays sont durables, et surtout, risquent de se répéter au cours de l’hiver. Les nappes phréatiquesnappes phréatiques dans les Hauts-de-France débordent déjà et les prévisions météo à long terme envisagent un temps plus humide que la normale ces prochains mois.

Les crues de l’extrême nord de la France s’annoncent durables, selon l’hydroclimatologue Florence Habets, mais pas seulement. La situation catastrophique que connaît le Pas-de-Calais actuellement sera possiblement amenée à se répéter au cours de l’hiver. Le niveau des nappes phréatiques de cette partie du pays était déjà très élevé, avant même l’arrivée du déluge pluvieux survenu à partir de mi-octobre. Alors que les autres nappes souterraines de la majeure partie de la France ont nettement bénéficié de ces pluies incessantes, celles des Hauts-de-France n’avaient pas la capacité d’absorber autant d’eau.

« L’eau s’infiltre d’autant plus vite dans les sols vers les nappes que les sols sont humides. Cela est lié à la conductivitéconductivité hydraulique des sols (une vitessevitesse d’écoulement) qui varie de façon complexe, mais croissante avec l’humidité des sols, selon la spécialiste. Ainsi, si les nappes se sont bien rechargées et vont pouvoir par endroits continuer à le faire, le problème, c’est qu’elles vont aussi contribuer à faire durer l’inondation », estime Florence Habets.

« Parce qu’on l’oublie souvent, mais les nappes contribuent aux débitsdébits des rivières toute l’année : avec des flux plus importants en hiver qu’en été, même si en proportion des écoulements de surface, l’apport des nappes est plus important en été », précise l’hydroclimatologue.

La saison de recharge des nappes débute, et certaines débordent déjà

« Les nappes stockent l’eau des fortes précipitations en hiver, ce qui réduit l’intensité des débits en crue […]. Malgré tout, dans ces régions, avec des nappes parfois très capacitives, cela peut faire durer l’inondation, comme cela a été le cas de la Somme en 2001 ».

Et la météo ne va probablement pas jouer en la faveur des sinistrés du Pas-de-Calais : toutes les prévisions saisonnières envisagent une fin d’automne et un hiver plus humides que la normale, en particulier dans le nord de la France. La saisonsaison de recharge des nappes, qui s’étale jusqu’à la fin de l’hiver, vient à peine de débuter. Cela veut dire que les pluies seront à nouveau fréquentes ces prochains mois, et tomberont sur des nappes qui ont déjà commencé à déborder en novembre.

 





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