De nouvelles hypothèses sur les raisons pour lesquelles nous n’avons toujours pas détecté d’extraterrestres

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Alors que des rovers recherchent activement d’éventuelles traces de vie passée à la surface de Mars, et que les exobiologistes essaient de détecter de potentiels marqueurs biologiques (ou biosignatures, comme des molécules organiques) dans les océans des lunes glacées de notre Système solaire, certains scientifiques préfèrent s’intéresser non pas seulement à la question de la possibilité de l’existence d’une vie ailleurs que sur Terre – quelle que soit sa forme, y compris microbienne –, mais cherchent également à savoir si une ou plusieurs civilisations extraterrestres avancées ont pu se développer ailleurs dans l’Univers.

Si elles existent, ces dernières auraient vraisemblablement pu concevoir des technologies leur permettant par exemple de voyager dans l’espace interstellaire ; et si elles sont suffisamment « avancées » – entendons ici que le terme d’avancement est utilisé dans un sens anthropocentré, c’est-à-dire qu’une civilisation avancée est supposée, à l’image des humains modernes, être capable de modifier son habitat de manière globale dans un but initial de réaliser des progrès scientifiques et d’améliorer son confort de vie –, certaines de leurs activités pourraient être détectables avec nos instruments actuels. C’est d’ailleurs la mission du programme Seti (Search for Extra-Terrestrial Intelligence) de la Nasa, qui recherche depuis les années 1960 des technosignatures, ou marqueurs technologiques, en provenance d’autres systèmes stellaires (comme des émissions lumineuses artificielles, ou une modification de l’atmosphère d’une planète). Mais aucune trace de civilisation extraterrestre n’a pour l’instant été découverte…

S’ils existent, où sont-ils donc ?

La civilisation humaine (que nous considérons la plus évoluée à notre connaissance) est née dans le Système solaire, formé il y a environ 4,5 milliards d’années ; étant donné l’âge de l’Univers (d’environ 13,8 milliards d’années), il est aisé de s’imaginer des systèmes stellaires bien plus anciens que le nôtre, dans lesquels la vie aurait eu le temps de se développer, et de donner naissance à des civilisations bien plus évoluées que la nôtre.

Ainsi, si l’on considère le temps et l’habitabilité d’un environnement comme les seuls critères permettant le développement d’une civilisation avancée, il apparaît presque naturel que des civilisations extraterrestres évoluées puissent exister. Cette idée s’est d’ailleurs renforcée ces dernières décennies grâce aux découvertes de nombreux autres systèmes planétaires, dont certains pourraient comporter des mondes habitables (température clémente, eau à l’état liquide…). Mais alors, pourquoi n’avons-nous toujours pas détecté la présence d’une civilisation extraterrestre ? C’est cette question qui est au cœur du paradoxe de Fermi, auquel les scientifiques tentent depuis les années 1950 d’apporter d’éventuelles réponses.

La première hypothèse pour expliquer l’absence de détection de civilisations extraterrestres, c’est tout simplement d’avancer que ces dernières n’existent pas ; certains scientifiques estiment par exemple que les probabilités pour qu’une civilisation technologiquement avancée se développe sont si faibles qu’un Univers de la taille du nôtre ne permettrait statistiquement au phénomène de n’apparaître qu’une seule fois (expliquant l’existence de la civilisation humaine et l’absence de toute autre).

Mais d’autres scientifiques, à l’image de l’astronome américain Carl Sagan, considèrent que l’absence d’observation d’un phénomène ne signifie pas fatalement que ce phénomène n’existe pas. Pour répondre au paradoxe de Fermi, ils avancent par exemple que si des civilisations extraterrestres existent, il est possible qu’elles n’aient pas jugé souhaitable ou nécessaire de voyager ou de communiquer à travers l’espace interstellaire ; il se pourrait également que nous n’ayons tout simplement pas encore eu la chance de les détecter. Dans la quête de la résolution de paradoxe de Fermi, une équipe d’exobiologistes a récemment apporté sa propre conclusion, dans une étude publiée dans la revue Nature Astronomy : selon l’équipe, soit les civilisations extraterrestres sont extrêmement rares (voire inexistantes), soit elles évitent délibérément tout contact avec nous…

Sommes-nous dans un zoo géant ?

Selon les auteurs, si l’on considère que des civilisations évoluées ont bel et bien pu se développer ailleurs dans l’Univers (ce qui semble au premier abord probable, au vu de l’âge de l’Univers et de la relative abondance des ingrédients nécessaires à l’apparition de la vie), la seule manière d’expliquer l’absence de détection de ces dernières est d’avancer qu’elles se cachent volontairement. Cette idée est au cœur de « l’hypothèse du zoo », qui avance que des civilisations extraterrestres technologiquement avancées existent et qu’elles seraient capables de communiquer avec nous, mais se contenteraient d’observer la Terre et les êtres humains à distance… à l’image d’un humain observant des animaux dans un zoo. Selon ce principe, ces hypothétiques civilisations extraterrestres observeraient la nôtre sans effectuer la moindre interaction avec elle, comme un chercheur qui observerait le comportement d’animaux dans leur état naturel.

Le paradoxe de Fermi, expliqué par l’astronome Seth Shostak de l’Institut Seti. © SETI Institute

Si les causes d’une telle discrétion demeurent obscures, certains scientifiques estiment que ces civilisations extraterrestres (si elles existent, rappelons-le) préfèreraient rester cachées pour des raisons éthiques ou scientifiques. Elles pourraient par exemple juger nécessaire de laisser la civilisation humaine évoluer par elle-même ; ou bien souhaiter attendre que les êtres humains atteignent un certain niveau technologique, ou évitent l’autodestruction (que ce soit par le biais de guerres, de catastrophes environnementales ou de problèmes de surpopulation).

En suivant cette idée, certains scientifiques, comme l’astronome Papagiannis, estiment que pour entrer en contact avec une éventuelle civilisation extraterrestre avancée, il serait plus efficace de régler les problèmes de l’humanité avant d’entreprendre des recherches actives. Quoi qu’il en soit, la seule manière de résoudre définitivement le paradoxe de Fermi serait de détecter la présence d’une civilisation extraterrestre quelque part dans l’Univers ; mais pour ce faire, il faut évidemment qu’elle existe réellement et de la patience.



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