Ces fossiles témoignent d’une évolution incroyable de la vie terrestre il y a 565 millions d’années !

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Une nouvelle étude a permis de dater avec précision des fossiles dans le sud de l’Angleterre. Avec un âge de 565 millions d’années, ces résultats prouvent qu’il s’agit bien là d’un écosystème du début de l’Édiacarien, période cruciale dans l’histoire de l’évolution du vivant.

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L’histoire évolutive du vivant est passionnante. Et il y a une chose extrêmement frappante dans cette histoire. C’est sa non-linéarité.

Les plus anciennes formes de vie dont on a retrouvé une trace sans équivoque remontent à 3,48 milliards d’années, mais des témoignages indirects suggèrent que l’apparition des tout premiers organismes pourrait dater de plus de 4,1 milliards d’années. Soit seulement 440 millions d’années après la formation de la Terre !

Les organismes unicellulaires, maîtres de la Terre pendant 3,5 milliards d’années

Cette apparition extrêmement précoce n’a pourtant pas présagé d’une évolution fulgurante du vivant. Car pendant plusieurs milliards d’années, la vie va rester à un stade très primitif, celui des organismes unicellulaires. Les océans chauds de la jeune Terre sont alors peuplés de bactéries qui forment des tapis ou amas que l’on connaît sous le nom de stromatolithes. Tout n’est pas figé cependant. De grandes étapes vont en effet être franchies, graduellement, avec notamment l’apparition de la photosynthèse il y a environ 2,45 milliards d’années, étape majeure et déterminante dans la suite de l’histoire, puis l’apparition des premières cellules à noyau (les procaryotes) il y a 2,2 milliards d’années.

Très lentement, la vie terrestre se complexifie. Jusqu’à arriver à un tournant majeur qui va s’accompagner d’un formidable coup d’accélérateur. Cette étape, c’est celle de l’explosion de l’Édiacarien. Il y a 580 millions d’années environ, les organismes vivants connaissent en effet une diversification sans précédent, associée à la généralisation des êtres multicellulaires. Si les premiers organismes multicellulaires semblent être apparus il y a 2,1 milliards d’années (les gabionontes), ce n’est en effet que 1,5 milliard d’années plus tard que ces organismes vont devenir dominants dans les océans et conquérir tous les milieux de vie pour former des écosystèmes complexes. Ce tournant s’opère donc à la fin du Protérozoïque et marque l’entrée dans une nouvelle ère, celle du Paléozoïque. Après quasiment 3,5 milliards d’années de lente évolution, tout va brutalement s’accélérer. En 580 millions d’années seulement, la vie terrestre va donc passer du simple microbe unicellulaire à la forme animale la plus évoluée qui soit à l’heure actuelle : l’Homme.

La faune de l’Édiacarien : témoin de ce tournant dans l’histoire évolutive du vivant

Les traces fossiles de ce tournant majeur sont toutefois rares. Et pour cause : la faune de l’Édiacarien est constituée d’organismes à corps mous difficiles à fossiliser, les processus biologiques permettant de produire des coquilles minérales n’existant pas encore. Plusieurs sites de référence existent néanmoins. Les plus anciens sont connus sous le nom « d’assemblage d’Avalon » et se situent principalement dans la région de Terre-Neuve, au Canada, où ils ont été datés avec précision entre 580 et 560 millions d’années. De l’autre côté de l’Atlantique, la Grande-Bretagne possède elle aussi des séries géologiques datant de cette période et présentant d’étranges fossiles. Situées dans le pays de Galles, leur datation était cependant jusqu’à présent plutôt imprécise. Une nouvelle étude publiée dans la revue Journal of the Geological Society of London présente cependant de nouveaux résultats qui aident à contraindre l’âge de ces fossiles. Les chercheurs ont pour cela daté les cendres d’une ancienne éruption volcanique qui ont directement recouvert les corps des organismes morts déposés au fond des mers peu profondes de l’Édiacarien.

Les résultats révèlent que les fossiles retrouvés dans la carrière de Coed Cochion dans le sud du pays appartiennent bien à un très ancien écosystème datant de 565 millions d’années, établi dans les eaux peu profondes bordant l’ancien continent nommé Avalonia. Parmi la faune observée, des organismes étranges en formes de disque nommés Aspidella terranovica, qui représentent certains des plus anciens organismes multicellulaires de grande taille et témoignent du formidable virage qu’a pris la vie terrestre à ce moment-là, alors que la Terre sortait tout juste d’un épisode de glaciation globale.



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